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16 décembre 2004
BUSH ACCUSÉ DE "VOL HIGH-TECH" D' ÉLECTION
Un recours a été déposé dans l'Ohio pour contester les résultats.
Un mois et demi après la présidentielle américaine, personne n'en conteste les résultats.
Sauf quelques irréductibles de l'Ohio, l'Etat clé de l'élection 2004, qui continuent d'accuser
les républicains d'avoir commis des fraudes pour l'emporter avec 118 775 voix d'avance. Le fait
que le décompte des voix ait eu lieu sous la supervision de Ken Blackwell, secrétaire d'Etat local,
contribue à alimenter tous les soupçons : il présidait la campagne de Bush dans l'Etat.
Le militant démocrate Jesse Jackson, les représentants John Conyers (Michigan) et
Maxine Waters (Californie) ont introduit le 13 décembre, un recours devant la
Cour suprême de l'Ohio (dominée par des républicains...), pour contester la certification
des résultats. Selon eux, Bush a bizarrement reçu plus de voix dans presque tous les comtés
utilisant des machines dotées de lecteurs optiques. Jackson accuse Bush d'avoir organisé
un «vol high-tech» d'élection. John Conyers, qui siège à la commission des affaires judiciaires
de la Chambre des représentants, a demandé par ailleurs au FBI d'enquêter sur certaines dispositions
troublantes, prises en dernière minute par la firme qui gère les machines à voter, avant le recomptage
des bulletins, qui doit commencer cette semaine et est financé par les partis verts et libertariens.
De très nombreux électeurs, le 2 novembre, avaient été découragés par les files d'attente devant
les bureaux de vote. Les problèmes les plus aigus ont eu lieu dans les quartiers les plus démocrates :
trop peu de machines leur ont été allouées. Sur les campus des universités (Colombus, Cincinnati, Toledo),
il fallait attendre jusqu'à dix heures pour voter. A Cleveland, des employés ont donné de mauvaises
instructions aux électeurs, qui, par centaines, ont voté par erreur pour des petits candidats. A Youngstone,
les machines ont fait passer par erreur des voix de Kerry à Bush. Pour faire la lumière sur l'ensemble de
ces problèmes, le Parti démocrate a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête : «Il n'est pas question de
contester les résultats, mais seulement de s'assurer que tous les votes sont pris en compte», a expliqué
le président du parti, Terry McAuliffe.
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